« L'Etat nie son rôle d'aménageur du territoire »
Pour les opérateurs de télécoms, la condition du déploiement du haut-débit ne se situe pas tant au niveau des technologies d'accès - ADSL, WiMAX - que des réseaux de collecte au niveau départemental ou régional. Si les projets se multiplient, notamment depuis que la loi autorise les collectivités locales à devenir, sous certaines conditions, opérateurs d'infrastructures, la question du financement reste cruciale pour des régions qui ne disposent pas toujours des finances nécessaires.
"Seule une intervention publique forte permettra de promouvoir l'équité territoriale et sociale. Tous les pays développés, y compris les plus libéraux (Royaume-Uni, Corée, Etats-Unis) l'ont compris : les pouvoirs publics y interviennent massivement sur les infrastructures haut-débit dès lors que le marché est défaillant", notait l'Association des régions de France (ARF) dans un rapport de mars dernier.
Selon l'ARF, l'Etat est directement responsable de la fracture numérique actuelle, ainsi que de l'existence des zones blanches (sans haut-débit) et de zones grises (monopole de France Télécom sur le haut-débit). Pour l'ARF, « il récuse son rôle d'actionnaire public en n'incitant pas France Télécom à partager ses infrastructures de fibres optiques pourtant abondantes ». D'autant « qu'on vient de l'imposer à neuf telecom et Cegetel comme condition de leur fusion », indique une porte-parole de l'Afors Télécom, association qui regroupe plusieurs opérateurs concurrents de France Télécom.