
Dès 2009, l'Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), l'organisme en charge de la gestion des noms de domaine sur Internet (.com, .org, .net) va donner la possibilité de créer n'importe quelle extension de son choix. Une véritable révolution qui va créer des remous sur la toile !
Cette initiative, révélée par Les Echos, va ainsi permettre à n'importe qui de créer l'extension de son choix. On verra d'ici quelques temps des extensions .toplogiciel, .toto, .bidule... D'un côté, cela va permettre de trouver une solution à la saturation des dénominations génériques. Mais d'une autre façon, on pourra craindre les actions de cybersquatting, la libéralisation des noms posant des problèmes aux différentes marques déposées et autres appellations. On peut craindre aussi que toutes les sociétés ayant un fort budget internet fassent main prise sur ces nouvelles extensions, que les "simples webmasters" ne puissent pas les concurrencer. D'une certaine manière, il se peut donc que à terme, la saturation soit de nouveau visible... Selon Paul Twoney, le président de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, le dépôt des extensions génériques reposera sur quatre critères : le respect du droit des marques (.microsoft sera interdit), respect de l’identité d’une communauté reconnue par ses pairs, respect de l’ordre public ou moral et pas d’imitation des extensions existantes (.kom, .nett, etc.).
Du côté de l'Afnic, l'organisme national responsable du .fr, l'annonce suscite déjà des inquiétudes. « L'Icann travaille depuis plusieurs mois à la création de nouvelles extensions. On peut se demander pourquoi créer de nouveaux noms de domaine alors que la demande n'est pas forcément là. En revanche, l'organisme va pouvoir en retirer beaucoup d'argent », observe ainsi Loic Damilaville, adjoint au directeur général de l'Afnic.
Top-logiciel vient de relever plusieurs réactions à chaud, certains webmasters se disent "outrés" par cette libéralisation, qui, selon eux, va chambouler la Toile toute entière.
Mise à jour | 28/06/08 @ 14h33 GMT + 1 : Nous en savons déjà un peu plus sur les tarifs probables et sur la "limitation" d'un tel usage des noms de domaines. En effet, dans un interview publié par MailClub, Paul Twomey, président de l'ICANN, précise que "Cela ne sera pas comme acheter un nom de domaine ! Il n’y aura pas de discrimination sur l’entité qui pourra demander la création d’une extension. Cependant, le mécanisme de base de conception d’une nouvelle extension comprend le paiement de frais d’application, plus des frais administratifs de gestion." Ce mécanisme, selon lui, pourra s'élever à "un nombre à 6 chiffres en dollars américains". En somme, il faudra débourser au bas mot près de 100 000 dollars afin d'avoir sa propre extension. "Les candidats devront ensuite passer un test en présentant leur business plan et leur programme. Leur capacité technique à gérer un nouveau registre sera également évalué", ajoute l'homme. Théoriquement, un nombre infini de nouveaux noms pourra donc voir le jour, mais cette libéralisation, si elle a bien lieu, sera plutôt réservée aux entreprises ou particuliers à très forts revenus. Actuellement, 162 millions de noms sont recensés, dont plus de la moitié en .net et .com sur un total de 250 extensions.