
Après que le ton soit monté dans le milieu associatif, voici que l'on commence à entendre des grognements au sein même de la classe politique française. Face à ces nombreuses critiques contre Edvige, le gouvernement Fillon semble être prêt à faire des concessions ...
Pour rappel, Edvige est le dossier polémique de la rentrée. Il s'agit du dossier d'exploitation documentaire et de valorisation de l’information générale, afin de ficher chaque individu susceptible de porter atteinte à l'ordre public. Ce fichier, disponible pour les services de renseignements, centralise effectivement de nombreuses informations sur l’état civil, la profession, l'adresse, les numéros de téléphone, l'immatriculation, les informations fiscales de n'importe quelle personne âgée de plus de 13 ans. Et c'est d'ailleurs sur ce dernier point que les critiques agissent : la CNIL a lancé plusieurs demandes d'explications, Hervé Morin, ministre de la Défense a critiqué publiquement le fichier, Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme a réclamé des précisions.
Une centralisation controversée
Face à ces critiques,
Michèle Alliot-Marie s’est déclarée plutôt favorable à un "
droit à l'oubli" pour les mineurs fichés, au cas où ils ne commettraient aucune infraction.
Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, a aussi dû s'expliquer : "
Edvige, c'est finalement la régularisation d'un fichier qui existe depuis très longtemps, puisqu'il a été créé en 1991 sous un gouvernement socialiste. Son informatisation aboutit à cette régularisation [...] ce n’est donc pas une invention de Nicolas Sarkozy, mais une réalité dans les fichiers des RG (renseignements généraux)".
Le dossier est en train d'être ressaisit. Il s'agit d'une lourde tâche, puisque ce problème tient à coeur de nombreux français. Le milieu associatif propose par exemple une journée de manifestations, le
16 octobre, jour de la Saint-Edwige. Cette journée d'action permettra aux manifestants d'aller dans les préfectures pour y déposer "
leur propre fiche afin de faciliter le travail de la police", selon plusieurs collectifs. Reste à savoir maintenant si les concessions du gouvernement suffiront à calmer les opinions négatives ...